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Réunion : Des émeutes d’une rare violence ont soulevé le quartier du Chaudron

Des émeutes d’une rare violence ont soulevé le quartier du Chaudron, hier, dès 15 h 30. Des centaines de personnes ont réussi à forcer les grilles du symbole de la revendication : le supermarché Score. Les débordements se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.reunion_port1103

Des centaines de jeunes, le visage recouvert d’un tissu, jettent galets sur galets. Un supermarché pillé. Des forces de l’ordre obligées de se déplacer en permanence, sans parvenir à mettre la main sur un « ennemi»  vif et insaisissable. Hier, la grève générale a tourné à l’émeute. Et c’est bel et bien au Chaudron que l’étincelle a pris, vers 15 h 30. Une centaine de personnes sont rassemblées sur le parking du supermarché Score du Chaudron. L’ambiance est pour le moment plutôt calme. Il s’agit de décider de la marche à suivre : le retour au calme ou le feu. “N’allez pas brûler nos magasins”, lâche une mère de famille. Autour d’elle, l’agitation. Quelques éléments du groupe de manifestants, légèrement énervés, appellent à l’insurrection. La police est pour le moment absente du site. Seule la Bac attend, au coin de la rue Leconte de Lisle et de la rue Françoise Chatelain.

Petit jeu de cache-cache

Le groupe semble se disperser. Jusqu’au moment où une poignée de jeunes hommes masqués prennent les choses en main. Ils s’emparent de poubelles, les brandissent haut au-dessus de leurs têtes, se ruent vers les portes du supermarché et en brisent les vitres. D’autres les fracassent à coups de pieds. C’est le signal. Dorénavant, les journalistes ne sont plus les bienvenus sur le parking du Chaudron. Un reporter se fait même casser son appareil photo. Quelques minutes plus tard, la police intervient. Lourdement casqués, ils projettent des grenades lacrymogènes et lacrymogènes instantanées, qui produisent de grosses déflagrations. Le petit jeu de cache-cache peut commencer. Il durera tout l’après-midi, jusque tard dans la nuit. Les effectifs parviennent à repousser les manifestants du côté du rond-point Cadjee. Mais le véritable affrontement n’a toujours pas lieu. Quatre camions viennent déposer un escadron de gendarmes mobiles, afin de bloquer le passage aux émeutiers. Ceux-ci n’ont d’autre choix que de se replier à l’intérieur du quartier, véritable souricière où ils sont les rois. Avec une cible principale : le Score.

Les pilleurs entrent dans le magasin

À 17 h, des jeunes montent sur le toit du supermarché. les jets de galets sur les forces de l’ordre se poursuivent. Vers 17 h 30, les policiers, devenus des cibles trop faciles, doivent se retirer. C’est le signal de l’attaque du Jumbo Score. Une centaine de jeunes se précipitent contre les rideaux métalliques et tentent de les forcer. Ils y parviennent quelques minutes plus tard. Quelques dizaines de personnes pénètrent à l’intérieur et se heurtent aux vigiles. Selon nos informations, le directeur du Score interpelle en personne un individu en train de piller son magasin. Un pilleur sort avec un écran plasma, qu’il brandit comme un trophée sous les applaudissements de ses amis. Quelques hommes tentent même de mettre le feu au Score. Quelques minutes plus tard, l’intervention musclée des policiers, appuyés par les gendarmes mobiles, met fin au pillage. Mais le retour au calme n’est pas revenu. Vers 19 h, de nombreuses personnes descendaient à pieds des hauts pour participer ou « admirer»  le « spectacle» . À 21 h, des groupes d’émeutiers continuaient à harceler les alentours du Score. La direction du supermarché a fait appel à des agents de sécurité ainsi que des maîtres-chiens pour assurer la sécurité dans le magasin. À 22 h, les gendarmes mobiles continuaient à tirer des lacrymos sur la vingtaine de jeunes encore présents sur place. Estampillé lieu traditionnel des débuts d’émeute, le Chaudron a payé le prix cher, hier. Et c’est le symbole des revendications récentes du Cospar, un supermarché, temple de la consommation, qui a été la cible principale et logique.

20 interpellés, 9 blessés chez les forces de l’ordre, dont un grave

Neuf gendarmes et policiers ont été blessés, hier, lors des débordements qui ont soulevé la Réunion. L’un d’entre eux, un policier, a été grièvement blessé. L’homme a été atteint à la hanche par un galet. L’impact a fait éclater la grenade qu’il portait à son côté. La victime a été gravement brûlée et transportée d’urgence au centre hospitalier. Un autre policier, enquêteur à la Sûreté urbaine départementale, a également été blessé à la nuque par un jet de galet. Par ailleurs, une vingtaine de personnes ont été interpellées pendant les affrontements, en majorité dans le Chaudron. Elles ont toutes été placées en garde à vue dans les locaux du commissariat de la rue Malartic. Elles devaient être auditionnées par le service du quart et les hommes de la sûreté urbaine départementale. Des rumeurs ont fait effet d’un policier tabassé par des émeutiers. Hier soir, la police a démenti cette information.

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