Mots-Clefs

Archives

Martinique : les petits commerçants en danger ?

Avec la grève générale à la Martinique et à la Guadeloupe, il est évident que les petits commerçants subissent les conséquences. Qu’en est-il véritablement ? Comment faire face aux difficultés ?

Les briseurs de grèves ne manqueront pas d’enfoncer des portes ouvertes en déclarant : “Les petits commerçants paieront pour l’immobilisation du pays”.

Soyons objectifs :

Comment générer du déficit quand tout le pays est immobilisé ? Car on est bien dans une grève générale.

Chaque année 20 % des entreprises locales disparaissent. Mais autant se recréent; voir plus.

Serait-ce les antillais qui sont plus stupides que les autres ?

Il est clair, qu’en un mois (ou deux), de grève, on devrait constaté l’inextricable déclin de l’économie… Lors d’une grève, les salaires sont versés aux employés normalement?

Comment peut-on payer des frais dans un système totalement arrêté ? Cela devient très bizarre.
Les dommages devraient provenir de :

* produits périssables
* salaires
* frais de fonctionnement (pas possible, tout est arrêté)

Toute bonne entreprise devrait être assurée en cas d’atteinte au bon fonctionnement; que ce soit la destruction de ses produit, de catastrophes diverses ou d’un immobilisation temporaire. Or, une grève est bien une immobilisation temporaire.

Mais le malheur pour nos petits commerçants est le manque d’informations pour 80% d’entre eux. Nous nous faisons balader à longueur de journée pour du pain, alors imaginez un commerçant ou un artisan qui voudrait trouver une Société d’assurances qui voudrait le couvrir en cas d’interruption temporaire d’activité.

Déjà, lors du processus de création, ils font face à un véritable parcours du combattant. Précisément quand il s’agit de financement d’outils de travail. Car pour le mobilier, ou d’autres biens matériels, il n’y a pas vraiment de problèmes.

Dans le cas d’une grève de grande envergure, les patrons “jouent la montre” car, afin qu’ils soient indemnisés par leurs assurances, il faut 32 jours d’immobilisation minimum (pour les pertes d’exploitation). Et comme souvent aux Antilles, lorsque vous n’êtes pas informé, votre patron vous dira qu’il ne peut pas vous payer. Ce qui est relativement faux. En général, ces assurances sont chères; seules les grandes entreprises peuvent se permettre d’y cotiser. Pour les autres, il existe des assurances qui ne couvriront qu’une fourchette de 25 à 60%. Mais c’est quand même bien.

Exemple d’évaluation d’une indemnité perte d’exploitation

Une entreprise devait faire des ventes pour 12 millions € avant qu’elle soit victime d’un incendie.

L’analyse de ses charges comptables rapportées à ses résultats passés montre :
- des frais variables selon le niveau des ventes de 60% soit : 7,2 millions €
- les frais fixes supportés même en cas de sous activité ou d’arrêt total sont de : 3 millions €
- et un bénéfice avant impôts : 1,8 millions €.

L’incendie a eu pour conséquence de faire perdre 50% des ventes avant de retrouver un niveau normal. Sur les 6 millions € de ventes perdues :
- les 60% d’achats variables du chiffre d’affaires perdu n’ont pas à être indemnisés puisqu’il n’ont pas été engagé,
- sur les 3 millions € de charges fixes, 50% correspondant aux ventes perdues doivent être indemnisés soit 1,5 millions €,
- sur les 1,8 millions € de capacité bénéficiaire, 50% correspondant aux ventes perdues doivent être indemnisés soit 0,9 millions €.

Ainsi, la perte d’exploitation indemnisable est de 1,5 + 0,9 = 2,4 millions, ce qui permet à l’entreprise de rétablir son bénéfice à 1,8 millions €.

Source: ContrExpert.com

Dans tous les cas de figures, l’indemnisation nécessite toujours une expertise financière.

Il existe une multitude de méthodes et de services d’assurances pour l’indemnisation des pertes d’exploitation. Rapprochez vous de votre Chambre de Commerce départementale et d’une société spécialisée.

En ce qui concerne les entreprises locales, plus de 70% des entreprises locales sont composée d’entrepreneurs (entreprises individuelles), et 60% d’entre elles n’embauchent aucun salarié (les chiffres de 2003-2006 sont d’actualité avec 5% de tolérance). [...]

la suite sur consodom

VN:F [1.8.1_1037]
Rating: 9.0/10 (2 votes cast)
VN:F [1.8.1_1037]
Rating: 0 (from 0 votes)
Martinique : les petits commerçants en danger ?9.0102

2 comments to Martinique : les petits commerçants en danger ?

  • R972

    Il est évident que ces petits commerçants souffrent, mais combien souffraient déjà avant la Grève Générale ?
    Combien sont enrichis en revendant les denrées des grandes surfaces en douce durant le mouvement?
    Et combien d’entreprises ou sociétés vont couler a cause d’une mauvaise gestion ? : dès que l’on a 3 ou 4 employés , on veut la grosse maison, la voiture de luxe, le bateau et les femmes.

    UN:F [1.8.1_1037]
    Rating: 5.0/5 (1 vote cast)
    UN:F [1.8.1_1037]
    Rating: 0 (from 0 votes)

    [Repondre à ce commentaire]

    Titin :

    @R972,
    Oui certaine petite entreprise de part le montant de leur marchandise ont fait un chiffre d’affaire d’au moins 3 mois, ceux là je suis sure ne couleront pas!
    Sauf si à la base avant la grève, ils avaient déjà un déficit budgétaire…

    UN:F [1.8.1_1037]
    Rating: 4.0/5 (1 vote cast)
    UN:F [1.8.1_1037]
    Rating: 0 (from 0 votes)

    [Repondre à ce commentaire]

Leave a Reply

 

 

 

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>