La Martinique a bougé, elle bouge encore et il y a peu de chances pour qu’elle s’arrête au regard de l’onde choc qui vient de la traverser. Oui, le mouvement s’est bel et bien installé en Martinique car nous avons été les témoins d’une série d’explosions qui, quelles qu’elles soient, serviront (asiréman pa pétèt) l’avenir de notre pays à un moment ou un autre.
La première explosion, a été une explosion d’amour. En effet, malgré les tensions et les ressentiments que nous martiniquais avons éprouvé face au triste et malhonnête spectacle qu’ont offert l’Etat français, la petite communauté de profiteurs locaux et les médias propagandistes (RFO épi ATV sé dé mantè), nous avons su nous unir, relever la tête (symboliquement et physiquement) et même faire la fête ensemble sans débordements. La vie s’est imposée à Fort de France pendant ces jours de grève. Cette vie, cet amour, cet enthousiasme, ont permis à notre pays de retrouver l’interaction créatrice de lien entre la jeunesse et les générations plus âgées, nécessaire au bonheur de toutes les sociétés harmonieuses. Pendant l’instant de cette grève, les définitions négatives de la jeunesse ont cessé. Plus de bad boy, rasta ou autre qualificatif a caractère méprisant. Il y avait juste de jeunes se battant dans la rue pour défendre leur pays! Ainsi, les chansons et les slogans créés et chantés pendant les manifestations illustrent bien ce propos (tchè nou blendé, matinik lévé mi tanbou libération…l’amour l’unité et la détermination). C’est d’ailleurs une chanson d’amour et de paix qui a repoussé les gardes mobiles le 6 mars, alors qu’ils tentaient d’envahir sans raison la maison des syndicats, la maison du peuple. ( Sé pou la viktwa nou ka alé yo armé nou pa armé).
La deuxième explosion fut celle des consciences. Conscience de se battre pour un même objectif. Conscience d’être uni derrière un groupe de représentants, car malgré les chiffres mensongers donnés par les médias ou la police (les deux semblent avoir travaillé pour le même employeur pendant la grève !) il y avait bien 50000 personnes à Fort de France, (1/8eme de la population de l’ile) le jour de la dernière manifestation organisée par le collectif du 5 février 2009 ! Conscience également d’exister et d’appartenir à une société bien distincte définie par une histoire, une culture, une langue et bien sur des bornes géographiques. Nous qui dans le passé nous accusions nous mêmes d’insouciance et d’individualisme, ne pouvons même plus compter le nombre de regroupements citoyens qui ont vu le jour dans notre pays suite à cette grève. Le grand sanblé n’est qu’une illustration parmi tant d’autres de cette dynamique du mouvement qui s’est enclenchée et dans laquelle les martiniquais expriment leur désir de se prendre en main sur la base d’initiatives locales. Enfin, conscience que des Martiniquais peuvent eux même analyser et proposer une lecture originale des faits de vie qui se réalisent dans leur pays. De nombreux intellectuels martiniquais ont répondu présent face à la complexité de la situation qu’ils ont eu à décrypter afin de proposer des grilles de lecture pertinentes. Sméralda, CHamoiseau, et bien d’autres vivants parfois hors de l’ile, ont apporté leur contribution. Il suffit de voir la masse d’articles ou de publications actuellement disponibles sur internet et signés par des Martiniquais universitaires issu de partout dans le monde. Seul un intellectuel de la Créolité que tout le monde connaît en Martinique a publié un article dans Antilla et a brillé par son manque de pertinence !
La troisième explosion à laquelle nous martiniquais avons également assisté durant cette grève, est l’explosion(ou plutôt la disparition) des vieilles illusions.
Disparition de l’illusion d’appartenir à un peuple mort, aliéné, complexé et tranquillement exploité par les derniers représentants de l’abominable système coloniale (je parle bien sur de la bande à Bernard et compagnie !). En effet, nos fameux békés n’auront plus à faire face à cette illusion là, concernant l’idée qu’ils se faisaient des martiniquais.
Disparition également de la croyance selon laquelle la Martinique est sous la tutelle protectrice d’un état républicain et égalitaire nommé la France. En effet, après les gaz lacrymogènes, les flash ball, les mensonges du préfet Mancini et de Jégo pour protéger les intérêts des profiteurs, et la réponse inappropriée du petit roi Nicolas,(je parle des états dégénérants, généraux pardon !) le peuple martiniquais n’aura plus cette illusion là non plus !
Enfin, les illusions sur l’existence d’une classe politique martiniquaise non versatile et unis derrière le peuple qu’elle est supposée représenter ont également été mises à mal. Les politiques furent discrets ou absents (association des maires), changeants ou/et caractériels (Letchimy et Marie Jeanne), ou encore frileux et craintifs (Lise). À noter quand même quelques exceptions : merci à Claude Cayol ou même à Francis Carole d’avoir été avec le peuple dans les moments difficiles. Monsieur Letchimy on ne vous oublie pas, bien que vous ne vous soyez pas vraiment battu, ne soyons pas dupe, mais vous avez au moins le mérite d’avoir pris des risques pour protéger la population ; ce qui vous a par ailleurs réhabilité aux yeux des gens. Reste à savoir maintenant si les incohérences idéologiques des partis politique de l’ile, que la grève a permis d’entrevoir, particulièrement chez le MIM qui n’a pas du tout soutenu le mouvement populaire, s’illustreront de nouveau lorsque la question de notre statut devra clairement se poser. En effet, seul le MODEMAS est resté cohérent en soutenant clairement le peuple. Bien sur, L’UMP de Chantal Maignan (sur qui on n’aura plus d’illusion non plus !) a également été cohérent en réaffirmant son rôle de défenseur des békés et des profiteurs en Martinique! Rappelons quand même que l’article 74 que le congrès des élus a choisi de soumettre à une date ultérieure au vote de la population martiniquaise propose au moins deux commandes dans le rapport au pouvoir politique local qui en découle. La première commande est celle qu’a choisie la Polynésie Française. Ici, les lois locales ont la prépondérance sur les lois métropolitaines. L’autre commande, qui est celle choisie par Saint martin et Saint Barthélémy propose elle un consensus frileux entre les lois métropolitaines et les lois d’initiatives locales. Espérons donc que les indépendantistes tous autant qu’ils soient oseront choisir la pédale dure accompagnée d’un vrai programme politique et économique. Espérons également que le PPM arrêtera d’envoyer des lettres d’amour à l’UMP et se prononcera clairement en faveur d’une autonomie visible dans notre pays. Quand à la droite, espérons qu’elle continuera d’assumer sa position immobiliste de toujours, sans mettre la confusion dans la tête des martiniquais, bien que ce soit ce que tente de faire Chantal Maignan depuis quelques temps avec ses histoires de nationaliste assimilationniste ou quelque chose d’un genre tout aussi bizarre !
L’on comprend donc bien alors au regard de ces quelques paramètres choisis parmi tant d’autres que la dynamique du mouvement s’est effectivement bien installée en Martinique. Reste à savoir alors, si cette grosse éruption « volcano sociétale » que nous venons de vivre, accouchera en définitive d’un mouvement circulaire stéril, ou d’un mouvement continu et progressif vers un avenir meilleur et plus valorisant pour la Martinique en tant que nation Souveraine sur les questions qui l’intéressent. Prenons donc conscience que nous vivons encore une fois de plus dans notre courte histoire, une période importante où toutes les forces, les énergies, les compétences, et les propositions seront nécessaires pour que le mouvement s’oriente en fonction de ce que nous voulons nous martiniquais. Ne laissons pas ceux don les intérêts divergent des nôtres décider à notre place et nous mener comme des ânes par le bout de la carotte. N’oublions pas que le combat et le travail continuent.
Sé pou la viktwa nou ka alé, ansanm nou ké rivé la nou lé.
Mehdy Ozier-lafontaine.




Pourquoi les Mack 2 ne pratiquent t-il pas la baisse des prix ? Une vauclinoise.
[Repondre à ce commentaire]
yo sé di pi nou lité , pi nou pran plon … sé pria paka bésé ,
yo ka pito fann fièl nou ek l’ékonomi ka mo piti a piti , boutik ka fenmé….
ki sé l’informatik, téléfon, ki sé ti kabinè kontab , ki sé lotel , ki sé restoran , on foul moun ka dépozé laklé-a …
yo sédi grèvla pi tjwé sé pitia anko ….
[Repondre à ce commentaire]
zobi la mouche :
septembre 2nd, 2009 at 11:15
@Beretta 972,
Belle analyse berretta972 je suis d’accord avec toi et c’est pas fini … sauf les collectif fonctionnaire qui ont leur salaires assuré … on peu faire greve dans ce cas
[Repondre à ce commentaire]